1944: Réquisition à la poste de la Rivière

 

 

Connaitre l’histoire de Mansac Réquisition à la poste de la Rivière en 1944
 
En 1944, les maquisards étaient de plus en plus nombreux en raison du STO. L’aide reçue des Anglais devenait insuffisante. La consigne fut donc donnée par les chefs de la Résistance de procéder à des réquisitions contre reçus au nom de la Résistance et d’utiliser au maximum les ressources locales en se servant directement dans les administrations. Des coups de mains audacieux furent organisés, tel celui du piratage d’un train transportant plus de 2 milliards de Francs en Dordogne*. C’est aussi dans ce cadre, que le bureau de poste de la Rivière qui était, à l’époque, à la place de l’actuelle pharmacie, fut mis à contribution. Un Mansacois, âgé d’une vingtaine d’années en 1944, a rapporté ainsi l’événement:
« Ce jour là, j’étais descendu à la Rivière pour poster des colis pour mon frère en Allemagne et acheter un pneu pour réparer la roue de mon vélo. Lorsque je parvins au bureau de poste, je trouvai le receveur, monsieur Faure, complètement déstabilisé. Il venait d’être cambriolé, me dit-il. « Regarde, ils ont vidé le coffre et coupé les fils du téléphone !» Le receveur n’avait pas été maltraité. Il n’avait reconnu aucun des hommes armés du maquis qui avaient envahi son bureau. Ils lui avaient demandé de leur remettre les fonds sous la menace des armes. Ils étaient ensuite repartis.
 Je ne m’attardai pas davantage. J’allais ensuite chez Chauveau, réparateur et marchand de vélo, plus haut, sur la rue principale. Je lui apportais aussi du tabac, de fabrication locale, marché noir oblige. Sa femme ouvrit la porte et j’aperçus dans l’arrière-boutique plusieurs hommes qui comptaient des billets. Chauveau me fit un signe, me donna mon pneu et je repartis vers mon village. Je ne racontai à personne la scène entrevue.»
Chauveau était, à l’époque, le «local » responsable de la résistance
 Précisions données par le fils de M. Chauveau, lui aussi marchand de cycles, retraité, à Terrasson: Le receveur de la poste n’avait en fait pas été cambriolé mais il était dans le coup. Ami de la résistance, il avait simplement remis le contenu du coffre aux membres du maquis, en parfait accord avec eux et avec Chauveau.  Il s’étonne que l’argent ait été compté dans la maison de son père qui était très prudent et connaissait les risques encourus.
 
 
Carte postale prise depuis le passage à niveau et datant d'avant 1931,
 
date du tampon
 
  Ci- contre le bâtiment où se trouvait LA POSTE de la Rivière en 1944
Ce bâtiment a été ensuite la pharmacie, puis un cabinet médical, avant d’être à nouveau la pharmacie aujourd’hui.
plus loin, le hangar de locomotives du tacot
puis la gare du tacot

 

 

  

 * Le 26 juillet 1944, divers groupes de la Résistance périgourdine ont prélevé la somme fabuleuse de 2. 280. 000.000 F de la Banque de France destinée aux troupes allemandes de Bordeaux, dans le train Périgueux-Bordeaux, en gare de Neuvic-sur-l’Isle en Dordogne… cette mission … reste l’un des vols à main armée le plus important de tous les temps. Pour en savoir plus, le livre «  les milliards du train de Neuvic » de Guy Penaud édition Fanlac 2001 peut être réservé à la bibliothèque.

A voir aussi sur internet : http://www.ww2-derniersecret.com/Aquitaine/24-5.html

 
                          Document publié dans le bulletin municipal de Mansac de janvier 2014