Le 25 avril 1944: les maquisards du camp Timbaud étaient attaqués par les troupes allemandes près de Mansac

Une stèle inaugurée le 8 mai 1984 à la BORDERIE de MANSAC rend hommage aux victimes de cette attaque.

 

 

 

 

 

 

Attaque des Allemands contre les maquisards du camp Timbaud
 
près de Mansac.
 
                   Rapport du 25 avril 1944- camp TIMBAUD-(Rosier d’Yssandon)
 
 « L’aube du 25 avril se lève sur le camp Timbaud. Nous sommes cantonnés au ROSIER d’YSSANDON, dans un petit bois, sous un parachute. Nous avons confiance, la sentinelle veille sur notre sécurité. C’est l’heure de ma ronde hors du parachute. Je fais quelques pas en direction de la sentinelle, elle n’est plus là. A sa place, je vois briller des casques ; ce sont des Allemands qui progressent lentement vers notre camp. Plus une minute à perdre, mais il est trop tard pour notre sentinelle qui s’est fait surprendre. Je bondis vers notre abri, et je crie : «Alerte ! Les boches sont là ! »Chacun s’empare de son arme, le reste du matériel ne compte pas. Je suis en possession d’un fusil mousqueton. Les hommes me suivent, ils ont confiance en moi. Je dois prévenir l’autre groupe qui se trouve à une cinquantaine de mètres. Déjà la fusillade commence. Nous faisons jonction avec nos camarades. Je m’aperçois qu’ils ont oublié le fusil mitrailleur, je demande à leur chef d’aller le chercher. Nous ne le verrons plus : tué ? Prisonnier ? Je ne sais pas. Je continue à diriger tout le monde pour une échappatoire. L’ennemi est trop nombreux et bien armé, il faut fuir. Soudain, c’est le contact. J’entends crier et devant moi, une ombre se dessine, c’est un Allemand qui jette son casque et ouvre sa capote en criant quelque chose que je ne comprends pas. Pas le temps de réfléchir, je fais feu sur lui à plusieurs reprises. Une mitrailleuse se met en action, derrière moi c’est la débandade. Je fonce devant moi en tirant sur tout ennemi qui se présente. Malgré les hurlements et le feu intense des armes, rien ne m’arrête, c’est la mort ou la vie. J’ai gagné, j’ai traversé la ligne dangereuse. Maintenant ce n’est plus sur moi que l’on tire, mais sur mes camarades qui ont eu peur et ne m’ont pas suivi. Je crois avoir fait au moins trois morts. J’ai eu de la chance, je suis sauvé. Je cache mon fusil et ma musette de munitions sous une pile de bois mais je garde mon révolver. Je reviens le lendemain chercher mes affaires cachées. Je ne suis plus suspect mais où aller ? Je suis un peu perdu.  A travers champs et bois,  je finis par trouver un cabanon et j’y passe la nuit. Quelques jours après, je prends contact avec un responsable de Varetz : « Jeantou ». Avec son aide, je retrouve les rescapés de l’attaque du camp TIMBAUD. Les nouvelles ne sont pas bonnes : nous avons eu plusieurs morts ou prisonniers…le plus vieux, un juif de 51 ans ; le plus jeune « Joseph » un Alsacien de 17 ans ; Treuil René ; Crouzat Marcel ; Boiffier Raymond dit « Rapide ». Ce dernier est d’une petite commune tout près de chez moi à Saintes.
Le moral reste le même, nous devons vaincre et continuer la lutte pour une cause plus juste : la liberté. Un autre camp prend forme, de nouveaux maquisards viendront remplacer nos pertes.»
 
Rapport rédigé par Robert Mercier et lu en sa présence par Bruno Auzeloux, élève de CM2, lors de l’inauguration de la stèle de la Borderie, le 8 mai 1984, en hommage aux 5 résistants tués dans cette zone, lors de l’attaque allemande du 25 avril 1944 : RENE TREUIL, MARCEL CROUZAT, RAYMOND BOIFFIER, et « LE PEPE » et « JOSEPH » surnom et prénom de 2 maquisards qu’on n’a jamais su identifier :
Etaient présents : le maire et le conseil municipal, Robert Mercier ancien chef de ce détachement FTP, Marcel Delmas du village de la Besse, résistant qui avait participé à l’évènement, Mrs Guitard, président de l’ANACR ( ému, il offrit sa médaille à Bruno Auzeloux, à l’issue de la cérémonie), Alibert, président des ACPG, Pouch, président de la FNACA et Tronche, conseiller général de Larche, les enseignants, des élèves et de nombreux anciens résistants et anciens combattants, ainsi que beaucoup de Mansacois. 
 

Texte du rapport écrit de la main de Robert Mercier, prêté par Bruno Auzeloux. Documentation : page d’un journal de mai 1984 relatant l’inauguration et dont la photocopie peut être obtenue à la mairie ou à l’annexe.

 

 Stèle offerte et installée par Michel Laplagne, maçon à la Feuillade. Terrain offert par Robert Lapeyrie.

La stèle est érigée à droite de la route, sous le village du Varay, avant la Borderie. Photo du 8 mai 2012.
 
Photos  extraites du journal de mai 1984.
 
 
 
Document paru dans le bulletin municipal de Mansac de juillet 2012 à la  page 13.