1914-1918: Mémoire des soldats de la Grande Guerre

 

 

  Devoir de Mémoire ; Il y a 100 ans se terminait la 1ère Guerre Mondiale. 
 
                                                                                  Document publié dans le bulletin municipal de juillet 2018
 

 

Afin de perpétuer la mémoire des soldats de ce terrible combat, voici  des documents recueillis par l’association la Graine et l’idée  dont une lettre écrite en 1916 par François Villeneuve, l’arrière grand-père de Françoise et Jacques Pouchoux.

 

François Villeneuve est né le 29/12/1874 au village de Chamillac, commune de Mansac et mort au combat à 42 ans le 10 décembre 1916 à Feuillères  dans la Somme. Il est de la classe 1894 matricule 1284 à Brive, soldat de 2ème classe au 209e RI, marié le 07/05/1899 à Mansac avec Pétronille (dite Julienne) Froidefond du Sarradis de Mansac, profession : cultivateur, (tué le 10/12/1916 à 15 h par un éclat d'obus), fils de Jean Villeneuve et de Jeanne Jaubert. Il habite Chamillac en 1911 avec sa femme, sa mère et son fils Louis né en 1900.

 

Voici la lettre manuscrite de François Villeneuve,  retranscrite, adressée à sa famille :

 

                                                                                           

 

                                                                                                            Mercredi soir 19 janvier 1916

                                     Mes chers aimés

J’ai reçu aujourd’hui votre lettre du 15 au soir avec plaisir d’apprendre que vous êtes en bonne santé. Quant à moi je me porte toujours comme un charme.

Vous me dites que chez nous il a gelé et que le vent vient du nord ;  hé bien ici c’est toujours le même temps il ne gèle jamais au contraire il pleut presque toutes les nuits, c’est un pays bizarre ce n’est pas du tout comme chez nous. Je n’ai presque pas vu pleuvoir depuis que je suis là durant la journée c’est toujours les nuits qu’il pleut, aujourd’hui la journée a été des plus belles et ce soir la veillée il pleut.

Aussi mon cher Louis si tu avais été avec moi tu aurais vu une jolie randonnée qu’un de nos aviateurs a fait sur les lignes Boches. Il les a survolées pendant plus de 2 heures, ils lui ont lancé au moins 200 bombes mais il a continué à les narguer, il y est bien resté une demi heure vers la fin qu’ils ont renoncé à lui tirer. Et en se retirant il est descendu à 50 mètres de hauteur et il a passé au dessus de nos batteries d’artilleries et il leur a bien donné quelques renseignements parce que ce soir je t’assure qu’ils leur expédient quelque chose, en ce moment où je te fais ma lettre il est bien 7 heures du soir mais les artilleurs n’ont pas peur de la nuit, ils tirent quand même. Les obus n’ont pas besoin d’y voir, ils vont à leur but quand même. Je suis en arrière à 2 kilomètres, mais deux batteries qui tirent à la fois, ça fait un joli vacarme. Jamais vous n’avez entendu pareil tonnerre, mais moi j’y suis habitué et ça ne me fait pas beaucoup d’impression.

Ma chère bien aimée Julienne.  Je vois que ça te fait plaisir, je vais continuer à te mettre toujours quelques mots pour toi mais tu peux bien croire que je viendrais bien que je ne saurais plus quoi te dire, j’aurais épuisé mon répertoire. Enfin tant qu’il y a je vais continuer.

Ce que je peux te dire c’est que je ne suis pas si malheureux que tu me crois. Je me suis très bien habitué à coucher à la paille et si je peux m’en revenir je pense que je me tromperais au lieu d’aller coucher avec j’irais à la paille, mais changement de vie amène changement d’habitude, et sans doute que je changerais volontiers. Mais tu vois je blague, quand le jour sera venu nous causerons de ça.

Ton François qui t’embrasse autant qu’il voudrait le faire ainsi que mon cher Louis et ma chère mère.

                                                                                                                                                               Villeneuve

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 Au sujet des soldats de Mansac Morts pour la France en 14/18

et dont les noms figurent sur les 2 monuments de la commune :

 

À Mansac 46 Morts pour la France en 14/18 : 1914 : 10 morts, 1915 : 16, 1916 : 11, 1917 : 5, 1918 : 4.

À Mansac,  la moyenne d'âge des soldats Morts pour la France en 14/18 est de 28 ans 6 mois.

Parmi ces 46 soldats de Mansac : 31 sont morts au combat, 8 sont morts des suites de leurs blessures, 6 sont morts des suites de maladie contractée en service, 1 s’est suicidé.

Parmi eux le plus jeune : Léon Vézine 29/04/1896 - 11/12/1917, mort au combat à Verdun (Meuse) à 22 ans 4 mois 18 jours.

Le plus âgé : Pierre Saigne 12/08/1871 - 05/06/1918, mort à 47 ans 2 mois 7 jours. A fait la campagne contre l’Allemagne du 15/11/1914 au 10/09/1917, réformé pour syndrome irritatif du nerf sciatique.

 Sur les 46 : 38 sont nés à Mansac : 9 à La Rivière, 1 à Longevialle, 2 à Chamillac, 1 à La Rue, 3 à La Besse, 2 au Seuil-Bas, 2 à Lachèze, 3 au Bourg, 2 à Masloup, 2 à Leyrat, 1 à Chassagnac, 1 au Sarradis, 2 aux Perriers, 1 aux Bois Raymond, 1 à Lavigerie, 1 aux Coustalloux, 1 à La Borderie, 3 à Chalmont.. ;  2 sont nés à Brignac : 1 au Mas, 1 à La Seignardie ; 2 sont nés à Cublac : 1 à La Combe, 1 à Loubignac ; 1 à Saint Aulaire : La Pestourie

1 à Saint Pantaléon : Grange ; 1 à Saint Cyprien : Bourg ; 1 à Allassac : Le Saillant.

Leurs professions : Boulanger : 1 ; Clerc d’avoué : 1 ; Charpentiers : 3 ; Cultivateurs : 34 ; Employé des tramways : 1 ; Maçons : 2 ; Maréchal forgeron : 1 ; Plâtrier : 1 ; Scieur de long : 1 ; Tailleur d’habits : 1.

À Mansac, pendant la guerre de 14-18, le maire de la commune était Antoine Leymarie, Il a eu la difficile mission d’annoncer la terrible nouvelle aux familles des soldats morts au combat. Il a été maire de 1912 à 1941.

                                                                                   Le lien pour avoir la page du site des archives qui concerne les fiches militaires : http://www.archinoe.fr/cg19/recrutement.php